
Death at Fleming Manor : l'enquête est bonne, c'est le formulaire qui vous résiste
Vous remplissez des certificats de décès dans un manoir anglais de 1959. L'idée est excellente. L'interface se met en travers.

La 1.0 d'un jeu de manipulation à sept euros. Le plus gros défaut n'est pas dans le jeu, il est dans votre carnet d'adresses.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
7/10
Verdict
Recommandé
Le meilleur avis de Scam Line est aussi le plus court, et il contient le jeu entier.
« 10/10 si vous voulez développer des problèmes de confiance, perdre vos amis et remettre en question chaque décision de votre vie. »
L'auteur a pris la peine de créditer ses camarades de partie avec leur spécialité : le menteur pathologique, celle qui pratique le gaslighting, et le troisième, trop innocent pour ce jeu.
Je n'ai pas grand-chose à ajouter sur l'ambiance.

Quatre à huit joueurs. Vous vous appelez par téléphone, deux par deux, et vous affrontez des épreuves qui demandent de la coopération ou de la trahison selon votre rôle du moment.
Devenez un menteur, un manipulateur, un tricheur, ou trouvez votre propre chemin vers la victoire. La formulation de la page est volontairement floue, et pour une fois c'est juste : le jeu ne vous assigne pas un camp, il vous met dans une situation et vous regarde décider.
La différence avec les grands classiques de la déduction sociale tient à ce téléphone. Dans Among Us ou dans un loup-garou, tout le monde entend tout le monde, et le mensonge est public. Ici, les conversations sont privées et appariées. Vous ne mentez pas devant un groupe, vous mentez à une personne, en sachant qu'elle ira répéter ce que vous avez dit.
Ça change la nature de la manipulation. Il ne s'agit plus de paraître crédible devant un tribunal, mais de choisir quelle version donner à qui, et de tenir la comptabilité de vos propres mensonges. C'est plus intime, plus sale, et nettement plus efficace.
Il faut un nombre pair de joueurs.
Les appels se font par paires. À cinq ou à sept, quelqu'un se retrouve systématiquement sans interlocuteur, à attendre que les autres aient fini. Deux joueurs expérimentés le signalent dans les mêmes termes, dont un avec douze heures au compteur : assurez-vous d'avoir un nombre pair, sinon la personne en trop attend sans pouvoir appeler personne.
Ce n'est pas un bug, c'est la conséquence directe du dispositif, et c'est le genre de chose qui se corrige par une idée de conception plutôt que par un correctif. Un rôle d'écoutant, une épreuve solo pendant ce temps, n'importe quoi qui donne une occupation à l'impair.

Il n'y a pas de recherche de partie publique.
Autrement dit, vous devez fournir vos six à huit personnes. Le jeu ne vous en trouvera pas.
C'est le reproche numéro un, et un joueur l'a formulé avec une lucidité amusante : la plupart des avis négatifs sont des gens qui disent que le jeu est bon mais qu'ils n'ont personne avec qui y jouer. Un autre explique n'avoir réussi à organiser qu'une seule session, faute de pouvoir réunir assez de monde en même temps.
Il faut être honnête sur ce que ça implique. Scam Line n'est pas un jeu que vous achetez. C'est un jeu que vous organisez. Il demande une soirée convenue à l'avance avec six personnes disponibles, ce qui est un budget social que beaucoup d'adultes n'ont plus.
Si vous avez un groupe constitué qui se retrouve régulièrement, ce jeu va s'installer dans votre rotation et il vaut largement son prix. Si vous comptiez cliquer sur « jouer » un mardi soir à vingt-deux heures, vous allez regarder un menu vide.
Le jeu est sorti d'accès anticipé le 3 novembre, avec 84 % d'avis positifs sur plus de 1 100 avis accumulés pendant cette période.
La demande la plus insistante est unanime : plus d'épreuves. Le format vit par la variété des situations, et un groupe régulier épuise le catalogue plus vite que le studio ne le remplit. Plusieurs avis positifs sont explicitement conditionnels, du type « si les développeurs continuent d'ajouter des mini-jeux, ce sera un succès ».
C'est la bonne manière de lire ce jeu : son contenu actuel suffit pour quelques soirées mémorables, pas pour une habitude de six mois. La suite dépend du rythme de mise à jour.
Un joueur signale par ailleurs une occupation de carte graphique très élevée sur du matériel pourtant très varié, du GTX 1050 à la RTX 5070. Je le relaie comme une observation de joueur et pas comme un diagnostic : une absence de limite d'images par seconde produit exactement ce symptôme, et c'est le genre de réglage qu'une 1.0 devrait exposer.

6,99 euros, 5,59 euros pendant le lancement. Au prix d'un sandwich, c'est l'un des meilleurs rapports rire par euro du moment, à la seule condition d'avoir la bande.
Un joueur résume la soirée type mieux que n'importe quelle fiche produit : ça a tenu lui et ses amis occupés pendant trois heures, avec une formule très simple et beaucoup de potentiel.
Trois heures de trahison méthodique entre gens qui s'apprécient, pour le prix d'un café et demi. Je signe.
Prévoyez juste le nombre pair. Et prévoyez de ne plus croire personne pendant quelques jours.

Il vous manque deux personnes pour compléter une table ? On en recrute régulièrement sur le Discord d'InsertCoins, au risque de vous faire de mauvaises fréquentations.
Communauté
Votre note
Publicité
Chargement des commentaires...
Lire aussi

Vous remplissez des certificats de décès dans un manoir anglais de 1959. L'idée est excellente. L'interface se met en travers.

Le code source dormait sur l'ordinateur portable de l'enfant d'un ancien programmeur. Huit ans plus tard, le jeu est sur Steam.

Quatre heures, six euros, un escargot et une descente morale remarquablement rapide. Le sang est un type de jus.