
Barfender : mon ami idiot a bu toutes les bières
Un bar coopératif qui s'effondre pendant que vous servez. 98 % d'avis positifs, et une des rares fois où le chaos est le sujet.

Un deckbuilder à la première personne édité par Devolver, dessiné à la main, où les cartes grossissent à l'infini et finissent en soupe.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
9/10
Verdict
Indispensable
Le deckbuilder roguelike est devenu le genre le plus encombré du jeu indépendant, au point qu'on ouvre les nouveautés en se demandant ce qu'elles ont bien pu trouver à ajouter.
Shroom and Gloom a trouvé deux choses, et elles sont excellentes.

C'est la trouvaille principale et elle change la structure du genre.
Vous construisez deux paquets distincts. Le paquet de combat sert à survivre aux affrontements. Le paquet d'exploration sert à naviguer dans le donjon, à modifier vos cartes et à débloquer de nouvelles armes et capacités.
L'intérêt est immédiat : dans un deckbuilder classique, tout ce qui n'est pas du combat pollue la pioche. Ici, chaque fonction a son propre jeu, donc on peut se spécialiser sans se saboter.
Et comme les deux paquets se nourrissent l'un l'autre, l'exploration devient une vraie décision stratégique plutôt qu'un couloir entre deux salles.
Deuxième idée, plus rare encore.
Le jeu propose de faire grossir et de modifier vos cartes à l'infini. Une carte de départ minable peut devenir une attaque démesurée. Une carte rare peut être trafiquée jusqu'à devenir une arme qui casse la partie.
C'est un renversement par rapport à la logique habituelle du genre, où l'on jette les cartes faibles pour faire de la place aux fortes. Ici, on adopte une carte et on la nourrit.

Le studio le formule avec la bonne dose d'insolence : pourquoi bloquer vos ennemis quand vous pourriez les manger ?
Vous assaisonnez, vous embrochez, vous faites rôtir, puis vous dévorez pour récupérer de la vie. Mieux, vous jetez vos ennemis grillés dans une marmite et vous cuisinez des soupes qui changent le cours d'une partie.
Ce n'est pas seulement un gag. Ça remplace la mécanique de blocage, la plus ennuyeuse du genre, par une boucle offensive : la seule façon de se soigner est de tuer mieux.
Le jeu est à la première personne, ce qui est déjà inhabituel pour un jeu de cartes, et il mélange des dessins et des animations faits à la main avec des dizaines d'espaces en trois dimensions.
Le résultat est un monde de champignons et de folie qui ne ressemble à rien d'autre. C'est du Team Lazerbeam, c'est édité par Devolver Digital, et ça se voit dans chaque grimace de champignon.
Le jeu est sorti avant-hier en accès anticipé, à 14,99 euros, et il affiche déjà 353 avis positifs sur 383, soit plus de neuf joueurs satisfaits sur dix.
C'est le meilleur accueil de toute la fournée de sorties de la semaine, et pour un accès anticipé, c'est remarquable.
Deux réserves, quand même. C'est du solo uniquement, et c'est un accès anticipé, donc le contenu grandira et l'équilibrage bougera. Si vous êtes du genre à vouloir une version définitive, attendez.
Mais si vous cherchez le deckbuilder qui a enfin quelque chose à dire, il est là, et il a un goût de soupe de champignon.

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On dessine un plan sur la carte et des officiers l'exécutent seuls. Sauf que le jeu plante une fois sur deux entre deux phases de planification.

Les auteurs de Knights of Pen & Paper reviennent avec un donjon où l'on revient camper, cuisiner, et débloquer des recettes qui changent vos stats.