INSERTCOINS.press
Silent Hill: Townfall est magnifique, son écriture vous laissera moins tranquille que son brouillard
Tests
Test
Note7/10

Silent Hill: Townfall est magnifique, son écriture vous laissera moins tranquille que son brouillard

Écosse, 1996, une île qui ne dort pas. Le décor et le son sont superbes, le récit divise, et les performances gâchent la fête.

A

Alexandrosse

·12 min de lecture

Note InsertCoins.press

7/10

Verdict

Recommandé

La première chose qu'on remarque dans Townfall, c'est que le brouillard n'est pas une texture, c'est une lumière.

La deuxième, c'est le son. Un joueur avec onze heures au compteur conseille de jouer au casque et parle de la meilleure spatialisation qu'il ait entendue dans un jeu. Après quelques heures dans les rues de St. Amelia, je comprends parfaitement pourquoi.

Reste la question qui compte, celle qu'on se pose devant chaque nouveau Silent Hill : est-ce que l'écriture tient debout à côté de tout ça.

Silent Hill: Townfall, les rues de St. Amelia

L'histoire, et de quoi elle parle vraiment

Simon Ordell est rappelé sur l'île de St. Amelia pour, selon la formule employée, remettre les choses en ordre.

Il y trouve une ville silencieuse sous un brouillard épais, apparemment abandonnée mais pas au repos. En s'enfonçant, poussé par le besoin de comprendre ce qui le lie à cet endroit et à ses habitants, il déterre des fragments d'un passé qui remonte à la surface.

Ce qui est intéressant, c'est le choix du cadre : l'Écosse en 1996. Pas une banlieue américaine, pas un hôpital. Une communauté insulaire, froide et isolée, dont les rues racontent leur propre histoire par l'atmosphère et par ce qu'il en reste.

Et le studio annonce clairement l'intention : plus qu'un jeu d'horreur, un récit d'introspection, de perte et de conséquence. La peur naît de petits détails, de moments calmes, et de l'ombre longue du passé de Simon.

C'est une promesse de Silent Hill, la vraie. Pas celle des monstres, celle du type qui revient dans un endroit auquel il doit quelque chose.

Ce que les joueurs disent du scénario

Et c'est là que les avis se séparent, ce qui est précisément la conversation intéressante.

Du côté convaincu, un joueur qui suit la série depuis le troisième épisode écrit que c'est l'une de ses histoires préférées de la saga, et qu'elle l'a maintenu dans le doute pendant presque toute la partie. C'est le compliment le plus précieux qu'on puisse faire à un récit de ce genre.

Du côté déçu, un joueur espagnol de onze heures dit avoir deviné où allait l'intrigue dès la première heure, et juge les fins alternatives ratées. Un autre, dix heures au compteur, trouve qu'arrivé au dernier tiers, le récit n'a toujours pas produit d'éclat et que les personnages manquent d'épaisseur.

Il y a aussi une critique de structure qui revient : on ne joue pas que Simon. Une seconde figure vous est confiée, et ses séquences sont de l'infiltration lente, avec beaucoup de cachettes et de chemins tortueux. Ceux qui venaient pour le récit de Simon trouvent ces passages longs.

Ma lecture, après avoir croisé tout ça : Townfall raconte une histoire de culpabilité plutôt qu'une histoire à révélation. Si vous attendez un retournement, vous le verrez venir. Si vous acceptez de suivre un homme qui sait déjà ce qu'il a fait et qui doit revenir sur les lieux, ça fonctionne très bien.

Silent Hill: Townfall, le brouillard et les batiments

La CRTV, et ce qu'elle apporte

C'est l'objet signature du jeu, et il mérite qu'on s'y arrête.

Vous disposez d'une télévision de poche qui permet de capter des signaux instables. Ce n'est pas une lampe torche déguisée : c'est un outil de lecture du lieu, qui matérialise l'idée que la ville émet quelque chose.

La série a toujours eu ce genre d'objet, de la radio à la lampe. Le remplacer par un écran en 1996, à une époque où la télévision était encore le meuble central d'une maison, c'est un choix d'époque qui dit quelque chose.

Le reste du jeu

Tout se vit à la première personne, ce qui est un vrai changement pour la série.

Simon explore, évite et survit avec un ensemble limité d'armes et d'outils. On peut frapper et parer au corps-à-corps, garder ses distances avec une arme à feu, ou se faufiler par la discrétion en évitant l'affrontement.

Les énigmes sont narratives, censées révéler une vérité qui refuse de rester enfouie.

Sur ce point, un reproche précis revient chez les joueurs : certaines énigmes du dernier tiers demandent de deviner des symboles sans qu'aucune référence ne soit fournie, et une séquence de tuyauterie utilise une notation que le jeu n'explique jamais. Ce n'est pas de la difficulté, c'est de l'ambiguïté.

Le vrai problème, et il est technique

Il faut le dire clairement, parce que c'est ce qui domine les avis négatifs.

Le jeu affiche 516 avis positifs sur 715, soit environ 72 %. Et l'essentiel du mécontentement ne porte pas sur le récit, il porte sur les performances.

Des joueurs rapportent une dizaine de plantages en sept heures de jeu. Des chutes de fréquence d'images brutales, jusqu'à des valeurs à un chiffre, avec des saccades permanentes. Un joueur équipé d'une carte graphique haut de gamme décrit à peine soixante images par seconde en haute définition avec mise à l'échelle, et aucun gain mesurable en désactivant le lancer de rayons.

Le surnom qui circule dans les évaluations résume tout : Stutter Hill.

C'est d'autant plus frustrant que ce jeu est beau, et que ses qualités passent précisément par l'immersion. Un jeu d'ambiance qui saccade perd l'essentiel de ce qu'il avait à offrir.

Silent Hill: Townfall, une rencontre

Faut-il l'acheter maintenant

À 49,99 euros, chez Konami et Annapurna, avec Screen Burn au développement, ma position est la suivante.

Si vous aimez cette série pour son atmosphère, sa lumière et son son, ce jeu vous donnera des moments que peu d'autres savent produire. Le choix de l'Écosse de 1996 est excellent, et l'idée de faire de l'écran de télévision l'objet central est fidèle à ce qu'a toujours été Silent Hill.

Si vous attendez un scénario qui vous retourne, réglez vos attentes : c'est un récit de conséquence, bien tenu, pas une machine à révélations.

Et dans tous les cas, attendez un correctif de performances si votre machine n'est pas taillée pour encaisser. Ce jeu mérite mieux que d'être découvert à cinq images par seconde.

Silent Hill: Townfall, l ile et la mer

Vous l'avez fini en combien d'heures, et vous avez eu quelle fin ? On en parle sans spoiler sur le Discord d'InsertCoins.

Communauté

--/100

Votre note

Publicité

Commentaires

Chargement des commentaires...