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SnekromancY : le jeu de Snake possédé par un mort-vivant, et c'est une excellente idée
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Note7/10

SnekromancY : le jeu de Snake possédé par un mort-vivant, et c'est une excellente idée

Croisez le Snake de votre vieux Nokia avec un bullet heaven et une armée de squelettes. Absurde sur le papier, redoutablement malin manette en main.

A

Alexandrosse

·29 juillet 2026·7 min de lecture

Note InsertCoins.press

7/10

Verdict

Recommandé

Il faut une certaine audace pour prendre le jeu le plus basique de l'histoire, le Snake de votre vieux téléphone, et lui greffer une horde de morts-vivants et une pluie de projectiles. SnekromancY le fait sans complexe, et le plus surprenant, c'est que le mariage tient debout. Derrière son concept qui sent la blague de game jam se cache un roguelite bien plus retors qu'il n'en a l'air.

SnekromancY, le serpent de morts-vivants face aux hordes ennemies

Le contexte

SnekromancY est développé par SlightlyMadman et édité par Final Screw, disponible sur PC via Steam avec une démo gratuite pour se faire une idée. C'est un roguelite dungeon crawler qui combine le déplacement du Snake classique avec du combat bullet heaven et de la progression. L'idée maîtresse, celle qui change tout : au lieu d'améliorer des armes, vous invoquez des serviteurs morts-vivants qui chevauchent votre dos et attaquent, en mode automatique ou manuel. Un concept absurde sur le papier, une vraie mécanique une fois en main.

Le gameplay

Le coeur du jeu tient dans une tension géniale héritée du Snake originel : votre serpent grandit, et sa longueur est à la fois votre force et votre danger. Chaque mort-vivant que vous ajoutez, zombie, squelette, fantôme, allonge votre corps, augmente votre puissance de feu, mais rend aussi vos déplacements plus périlleux dans des donjons où se mordre la queue reste fatal. Cette dualité, où monter en puissance vous encombre littéralement, est ce qui élève SnekromancY au-dessus du simple bullet heaven : ce n'est pas seulement esquiver, c'est piloter une armée serpentine de plus en plus longue au milieu du chaos.

L'aspect nécromancien ajoute la couche de personnalisation qui fait le sel du roguelite. Composer sa horde, choisir quels morts-vivants embarquer selon leurs attaques, basculer entre visée automatique et manuelle pour cibler les priorités, c'est un vrai terrain de jeu tactique. Au fil des runs, on débloque des améliorations et des reliques qui autorisent des builds de plus en plus délirants, cette escalade vers le grand n'importe quoi maîtrisé qui fait relancer le genre encore et encore. Survivre aux hordes, terrasser les boss et voir son serpent-armée devenir une machine à broyer, la boucle est satisfaisante et pousse à l'expérimentation.

SnekromancY, la composition de la horde de serviteurs morts-vivants

Le jeu n'échappe pas complètement aux limites de son ambition. Le concept, aussi malin soit-il, tourne autour d'une mécanique centrale unique, et sa profondeur, réelle, finit par montrer ses bords une fois qu'on a fait le tour des principaux builds. La lisibilité peut aussi souffrir quand l'écran se remplit à la fois de projectiles ennemis et d'un serpent devenu interminable, transformant certains pics de difficulté en chaos un peu injuste plutôt qu'en défi maîtrisable. Ce sont des scories inhérentes à un jeu qui mise tout sur une idée forte, pas des défauts rédhibitoires, mais elles bornent l'expérience.

L'esthétique rétro arcade, assumée et cohérente, participe au charme mais rappelle aussi la modestie du projet. SnekromancY ne cherche pas à être un mastodonte du roguelite, il cherche à exécuter une idée précise avec efficacité, et il y parvient largement. C'est un jeu qu'on relance par sessions courtes, pour le plaisir immédiat d'un build absurde, plus que pour des dizaines d'heures de méta-progression.

La technique

Techniquement, SnekromancY assume son habillage rétro arcade avec cohérence. Les donjons pixelisés, les morts-vivants expressifs et l'action nerveuse composent un ensemble lisible dans ses phases calmes et volontairement chaotique dans ses pics. La manette répond bien, ce qui est crucial pour un jeu où piloter la trajectoire de son serpent au pixel près fait la différence entre la survie et la queue mordue.

Les réserves techniques rejoignent les réserves de game design. Quand le nombre d'ennemis et la longueur du serpent explosent simultanément, la lisibilité atteint ses limites, et quelques options de clarté visuelle seraient les bienvenues pour distinguer les projectiles dangereux dans la mêlée. Rien qui ne casse le plaisir sur une run normale, mais un point à surveiller dans les moments les plus intenses.

SnekromancY, un pic de chaos avec projectiles et serpent démesuré

Le verdict

SnekromancY transforme une blague de concept, le Snake croisé avec un bullet heaven nécromancien, en un roguelite malin et attachant. La tension héritée du Snake, où grandir vous rend puissant et vulnérable à la fois, est une trouvaille qui donne une vraie identité au jeu, et la composition de sa horde de morts-vivants offre le terrain d'expérimentation qu'on attend du genre. C'est original, nerveux et bien plus profond que son pitch loufoque ne le laisse croire.

Ses limites sont celles d'un jeu bâti sur une idée unique : la profondeur finit par montrer ses bords, et la lisibilité souffre dans les pics de chaos. Mais pour son prix et son ambition, SnekromancY livre exactement ce qu'il promet, un plaisir roguelite frais et malin, à savourer par sessions courtes. Si vous cherchez une idée neuve dans un genre saturé de clones, ce serpent mort-vivant mérite qu'on lui morde à l'hameçon.

Le Snake ressuscité en roguelite nécromancien, absurde sur le papier et étonnamment malin manette en main.

Note : 7/10


Test réalisé sur la version PC.

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