
Active Matter : un extraction shooter avec une vraie ambiance, et une économie qui a déjà fâché ses joueurs
STALKER croisé avec Tarkov, des anomalies à la SCP et un accueil partagé. Le décor impressionne, le reste demande du travail.

Le Snake du Nokia croisé avec un bullet heaven et une armée de squelettes. Absurde sur le papier, et pourtant je n'arrive plus à le lâcher.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
7/10
Verdict
Recommandé
J'ai perdu ma meilleure run à cause d'une bouchée de trop. Mon serpent était devenu énorme, une dizaine de morts-vivants accrochés à sa queue en train de canarder dans tous les sens, et il me restait un dernier bout de bouffe à récupérer dans un coin de la salle. J'ai voulu le choper, j'ai coupé trop serré, je me suis mordu la queue. Écran de mort. Voilà SnekromancY résumé en un geste : un jeu qui vous punit d'avoir été trop gourmand, au sens strict.

Le pitch tient sur un coin de table : le Snake de votre vieux téléphone, celui du Nokia 3310, croisé avec un bullet heaven et une pincée de nécromancie. C'est signé SlightlyMadman, édité par Final Screw, dispo sur PC via Steam, avec une démo si vous voulez tâter la bête avant de payer. Sur le papier, ça sent la blague de game jam. En main, ça mord bien plus fort que prévu.
Il y a un point qu'il faut comprendre pour ne pas se planter, parce que le jeu ne l'explique pas franchement. Vous grandissez en mangeant. C'est le Snake de toujours : chaque bouffe rallonge votre queue, et si vous arrêtez de manger, votre corps se délite tout seul, rétrécit, et vous finissez par crever de faim. Il faut donc bouffer en permanence pour rester en vie.
Invoquer des morts-vivants, c'est autre chose. Zombies, squelettes, fantômes : ils grimpent sur votre dos et tirent à votre place, en visée auto ou manuelle si vous avez les compétences pour. C'est votre artillerie, pas votre nourriture. On ne grandit pas en recrutant un sbire, on grandit en mangeant. Les deux systèmes cohabitent mais ne se confondent pas, et c'est justement leur friction qui rend le truc intéressant.
Parce que manger, ici, n'est jamais neutre. Le Snake originel punissait déjà la gourmandise : plus vous grossissiez, plus le terrain se refermait sur vous. SnekromancY reprend ce vieux piège et le tend en plein chaos. Vous devez manger pour ne pas dépérir, mais chaque bouchée allonge un serpent déjà encombrant, à piloter au pixel près entre les projectiles, dans des donjons où se mordre la queue reste une sentence de mort. Coincé entre deux trouilles : lâcher la bouffe et s'éteindre, ou continuer et finir étranglé par sa propre longueur. C'est bête, c'est tendu, et ça n'appartient qu'à ce jeu.

Là-dessus vient se greffer la couche roguelite. On compose sa horde selon les attaques de chaque mort-vivant, on ramasse des gemmes pour améliorer ses pouvoirs, on déniche des reliques qui autorisent des builds de plus en plus dingues. Rien de révolutionnaire dans le principe, mais l'escalade fonctionne : au bout de quelques runs, mon serpent-artillerie crachait tellement de projectiles que je ne voyais presque plus les ennemis dessous. Grotesque, jouissif, exactement ce qu'on demande au genre.
Tout ne brille pas. Le jeu mise tout sur une idée, et cette idée montre ses bords une fois qu'on a fait le tour des principaux builds : la profondeur est là, mais elle a un fond. Et la lisibilité déraille dans les gros pics, quand l'écran se remplit à la fois de tirs ennemis et d'un serpent devenu interminable. Certaines morts m'ont paru plus injustes que méritées, noyées dans un bordel visuel où je ne distinguais plus le projectile dangereux du reste. Deux options de clarté ne feraient pas de mal.
Rien de tout ça ne m'a empêché d'y revenir. SnekromancY se joue par sessions courtes, pour le plaisir immédiat d'un build absurde monté en dix minutes, plus que pour des dizaines d'heures de méta-progression. C'est un petit jeu qui sait exactement ce qu'il est, qui exécute son idée saugrenue avec assez de mordant pour qu'on lui pardonne ses limites. Si le genre vous lasse à force de clones, ce serpent ressuscité a au moins le mérite de proposer un piège qu'on ne trouve nulle part ailleurs : sa propre queue.

La discussion continue sur notre Discord, où l'on refait les notes bien plus longtemps que de raison.
Communauté
Votre note
Publicité
Aucun commentaire pour le moment. Sois le premier.
Lire aussi

STALKER croisé avec Tarkov, des anomalies à la SCP et un accueil partagé. Le décor impressionne, le reste demande du travail.

Un jeu de composition d'équipe façon monstres de poche, sans chronomètre, où l'on affronte les équipes des autres en différé.

Un jeu de programmation visuelle où l'on terraforme une planète gelée avec des petits robots qu'on doit aussi penser à nourrir.