Il y a un signe qui ne trompe jamais : quand on lance un jeu en se disant une petite partie, et qu'on relève la tête quatre heures plus tard sans avoir vu le temps filer. C'est exactement ce qui nous est arrivé avec Some of You May Die, cet autobattler roguelike qui a dévoré une après-midi entière avec une facilité déconcertante. Le genre est encombré, les synergies et les héros à empiler ne datent pas d'hier, mais quand la mayonnaise prend, elle prend fort. Et la vraie question, celle qui décide de la valeur d'un tel jeu, trouve ici une réponse rassurante : oui, la rejouabilité est bien au rendez-vous.

Le contexte
Some of You May Die est un autobattler roguelike développé par Octavia Blue, disponible sur PC, iOS et Android depuis le 24 juillet 2026. Le principe tient dans des parties de stratégie rapides, de dix à vingt minutes, où l'on améliore sans cesse ses héros, ses statistiques et ses capacités pour survivre à des combats de plus en plus chaotiques, contre l'IA ou de vrais joueurs en ligne. Le jeu mêle draft stratégique et combat automatisé et nerveux, invite à expérimenter avec un roster varié et à dénicher des synergies qui changent la donne. L'habillage pixel art, la personnalisation poussée des améliorations, le PvP en ligne et les modes multiples complètent une proposition taillée pour l'addiction. Une démo gratuite était déjà disponible.
Le gameplay : drafter, empiler, découvrir
Le coeur de Some of You May Die, c'est sa boucle de draft et d'empilage. On recrute des héros, on empile les copies d'un même personnage pour le faire monter en niveau, et l'on compose sur le vif une équipe capable d'encaisser des vagues toujours plus chaotiques. Le combat, lui, se déroule automatiquement : une fois l'équipe agencée, on regarde ses choix se confronter à l'adversité, dans cette tension jouissive propre à l'autobattler où tout se joue à la préparation. Le plaisir vient de l'optimisation à la volée, de la lecture des synergies, du pari sur les combinaisons qui feront basculer la partie. C'est simple à comprendre, difficile à maîtriser, et redoutablement addictif.
C'est sur la rejouabilité que le jeu emporte l'adhésion, et c'est heureux, car c'est là que se joue tout l'intérêt d'un tel titre. Chaque partie est différente, les héros recevant des capacités renforcées de manière aléatoire qui rendent chaque run unique. On triture sans cesse les combinaisons : une partie peut vous voir noyer le champ de bataille sous une nuée d'unités de bas niveau, quand une autre vous fera bâtir une escouade minuscule de héros améliorés jusqu'à l'absurde. Cette variété structurelle, nourrie par le hasard maîtrisé des bonus et la richesse du roster, garantit que deux parties ne se ressemblent jamais, et c'est précisément ce qui pousse à relancer encore et encore. La réponse à notre inquiétude est claire : la rejouabilité est solide.

Ce qui coince
Il faut rester honnête sur les limites du genre. L'autobattler roguelike est une famille encombrée, et Some of You May Die, malgré son efficacité, n'en réinvente pas les fondations : qui n'accroche pas au principe du draft suivi d'un combat automatisé, cette délégation du feu de l'action à l'IA, ne changera pas d'avis ici. Le plaisir est celui, très particulier, de la préparation et de l'optimisation plutôt que du contrôle direct, et il faut aimer regarder ses choix se jouer sans y intervenir pour s'y retrouver. C'est un plaisir de stratège en fauteuil, assumé, mais qui ne parlera pas à tout le monde.
L'autre réserve tient à l'équilibrage, terrain toujours délicat pour ce type de jeu. Avec un roster varié, des synergies nombreuses et des bonus aléatoires, le risque est réel de voir émerger des combinaisons cassées qui trivialisent les parties, ou des runs condamnés par un mauvais tirage. La frontière entre le chaos jubilatoire et le déséquilibre frustrant est ténue, et la longévité du jeu dépendra du suivi du studio pour affiner cet équilibre au fil des mises à jour. La générosité des systèmes est une force, mais elle réclame une attention constante pour ne pas basculer dans l'arbitraire, et c'est là que se jouera son avenir à long terme.

Ce qu'on retient
Some of You May Die est un autobattler roguelike redoutablement efficace, de ceux qui engloutissent une après-midi sans qu'on s'en aperçoive. Sa boucle de draft et d'empilage de héros, simple à saisir mais difficile à maîtriser, offre ce plaisir addictif de l'optimisation à la volée, et surtout, il coche la case décisive du genre : la rejouabilité. Grâce aux capacités renforcées aléatoires et à la richesse de son roster, chaque partie est réellement différente, et l'on relance sans fin pour tester une nouvelle combinaison délirante. Pour l'amateur de stratégie rapide et de synergies à triturer, c'est une pépite chronophage.
Il faut simplement aimer le genre et accepter ses limites. L'autobattler roguelike est une famille encombrée, et Some of You May Die l'enrichit sans en réinventer les bases : qui n'aime pas déléguer le combat à l'IA pour se concentrer sur la préparation restera à l'écart. Et son équilibrage, avec autant de synergies et de bonus aléatoires, demandera un suivi attentif pour éviter les dérives. Mais sur l'essentiel, l'addiction immédiate et la rejouabilité solide, il tient pleinement sa promesse. Une petite partie, disiez-vous ? Prévoyez plutôt votre après-midi.
Verdict
Un autobattler roguelike chronophage et addictif, où le draft et l'empilage de héros nourrissent une rejouabilité solide grâce aux bonus aléatoires : une pépite qui dévore les heures, sur un genre familier.
Points forts :
- Une boucle de draft et d'empilage simple mais difficile à maîtriser
- Une rejouabilité solide grâce aux capacités renforcées aléatoires
- Des synergies nombreuses et un roster varié à triturer
- Des parties rapides de dix à vingt minutes, parfaites pour enchaîner
Points faibles :
- Un genre encombré dont il ne réinvente pas les fondations
- Le principe du combat automatisé, qui ne parlera pas à tous
- Un équilibrage à surveiller avec autant de synergies et de bonus
Testé sur PC.