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Soulbound: Online réveille la nostalgie de Ragnarok Online, mais ce n'est pas le successeur qu'on espérait
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Note5/10

Soulbound: Online réveille la nostalgie de Ragnarok Online, mais ce n'est pas le successeur qu'on espérait

Pixel art, économie 100% joueurs, donjons à butin en coop : Soulbound sent bon les MMO des années 2000. Mais entre le bullet-heaven et le vrai héritier de Ragnarok, il y a un monde.

A

Alexandrosse

·7 min de lecture

Note InsertCoins.press

5/10

Verdict

Mitigé

Mise à jour du 14 août 2026. Notre test initial présentait le million de joueurs de Soulbound comme une communauté déjà active, et en faisait l'un des arguments de la note. Un lecteur nous a écrit que le jeu ne réunissait en réalité qu'une poignée de connectés sur Steam. Vérification faite, il a raison sur le fond. Le chiffre du million existe et il est sourcé, mais il compte des inscriptions cumulées sur navigateur et Discord depuis des années, pas des joueurs présents sur Steam aujourd'hui. Nous avons transformé une donnée d'annonce en promesse de monde peuplé sans la confronter aux serveurs. L'article est corrigé, les chiffres réels ajoutés, et la note révisée en conséquence.

Il suffit d'un coup d'oeil à Soulbound: Online pour que la madeleine de Proust opère. Ce pixel art, cet overworld peuplé, cette économie entièrement gérée par les joueurs, tout évoque immédiatement les MMO du début des années 2000 sur lesquels toute une génération a laissé sa jeunesse. Ragnarok Online, MapleStory, RuneScape : les fantômes sont là, et l'espoir avec eux. Mais l'espoir, justement, est un piège, et il faut se demander honnêtement si Soulbound ravive vraiment cette flamme, ou s'il joue simplement sur la corde nostalgique.

Soulbound: Online, l'overworld pixel art qui évoque les MMO des années 2000

Le contexte

Soulbound: Online est un MMO d'action pixel art développé par le studio indépendant Spiderware, disponible en accès anticipé sur Steam depuis le 21 juillet 2026 pour une quinzaine d'euros. Le jeu n'est pas un inconnu : il tourne depuis des années sur navigateur et Discord, où le studio revendique plus d'un million de joueurs, un chiffre repris par toute la presse au moment de l'annonce Steam. Il faut le lire pour ce qu'il est, et c'est là que nous nous étions trompés : il s'agit d'un cumul d'inscriptions étalé sur plusieurs années, pas d'une mesure de fréquentation. Il mêle un overworld MMORPG à des donjons roguelites de type bullet-heaven, jouables en solo ou en coopération à trois, avec du raid de boss, de la fabrication d'équipement, de la construction de base et une économie 100% pilotée par les joueurs. La filiation avec les grands anciens du genre est assumée, jusque dans l'esthétique.

Le gameplay : le butin et l'économie, comme au bon vieux temps

Ce que Soulbound réussit le mieux, c'est de raviver la boucle addictive du MMO à butin. On enchaîne des runs de donjons nerveux, façon bullet-heaven, où l'on esquive des nuées de projectiles pour arracher de l'équipement, qu'on ramène ensuite pour fabriquer, améliorer et théorycrafter ses builds. Cette dynamique de farm et d'optimisation, hypnotique et gratifiante, capture une part réelle de ce qui rendait Ragnarok si accrocheur. On grimpe des ladders saisonniers, on peaufine son personnage, on cherche la synergie parfaite, et le plaisir du min-maxing est bien présent pour qui aime s'y perdre.

Mais la vraie réussite, celle qui ancre le jeu dans l'héritage des MMO d'antan, c'est son économie entièrement gérée par les joueurs. On tient sa forge, on ouvre sa boutique, on commerce, et toute la richesse du jeu circule entre les mains de sa communauté plutôt que d'être distribuée par le système. C'est exactement l'esprit des grands MMO sociaux d'autrefois, où le marché était un jeu dans le jeu, et Soulbound le restitue avec sincérité sur le plan de la conception.

Sauf qu'une économie de joueurs a besoin d'une matière première que le studio ne fabrique pas : des joueurs. C'est tout le problème, et il mérite sa propre section.

Soulbound: Online, les donjons bullet-heaven à butin jouables en coopération à trois

Le million de joueurs, et ce qu'il en reste

Reprenons ce chiffre calmement, parce qu'il circule partout et qu'il mérite d'être découpé.

Le million est réel au sens où SpiderWare l'a annoncé et où la presse l'a relayé : c'est le total des joueurs passés par la version navigateur et Discord depuis le lancement, plusieurs années d'accumulation, dans un format gratuit où l'on s'inscrit d'un clic sans jamais forcément revenir. Le studio communiquait par ailleurs sur une communauté Discord de 29 000 membres, ce qui donne un ordre de grandeur autrement plus parlant.

Sur Steam, la réalité est d'un autre ordre. En interrogeant l'API officielle de Steam pendant que nous écrivons ces lignes, le jeu affiche 86 joueurs connectés en simultané. Pas 86 000. Quatre-vingt-six. Le compteur d'avis raconte la même histoire : 496 évaluations, dont 280 positives et 216 négatives, soit 56% et une réception classée Mitigée.

Un million d'inscrits sur navigateur et quelques dizaines de connectés sur Steam ne sont pas contradictoires, ce sont deux mesures différentes, et c'est exactement l'erreur que nous avons commise en les confondant. Le premier chiffre dit qu'un jeu a été essayé. Le second dit s'il est vivant.

Pour un MMO ordinaire, ce serait un mauvais point. Pour celui-ci, c'est structurel : les deux qualités qu'on vient de louer, le marché entre joueurs et la coopération à trois, ne fonctionnent qu'avec du monde en face. Une économie sans commerçants n'est pas une économie, c'est un menu.

La question qui fâche : meilleur que Ragnarok ?

Soyons honnêtes, car c'est l'attente que vous formuliez : Soulbound est-il encore meilleur que Ragnarok Online ? Et là, la réponse est non, ou plutôt, la question est mal posée, parce que ce n'est pas le même jeu. Ragnarok était un MMO tactique au tour de rôle social, à la progression lente et à la profondeur de classes légendaire, un monde où l'on vivait autant qu'on jouait. Soulbound, lui, est un hybride action-roguelite bien plus arcade, centré sur des runs de donjons et du farm nerveux. Il en partage l'ADN esthétique et l'esprit de communauté, mais son coeur de jeu est fondamentalement différent, plus rapide, plus solitaire dans ses phases d'action, moins tactique. Qui cherche le vrai successeur de Ragnarok risque d'être décontenancé.

Il faut aussi rappeler son statut d'accès anticipé et la modestie de ses moyens. C'est un jeu de studio indépendant, à l'ambition réelle mais aux ressources limitées, et son passé de jeu navigateur se ressent dans certaines rugosités. La profondeur de son économie et de ses builds est prometteuse sur le papier, mais elle attend encore la population qui lui donnerait un sens, et rien ne dit que le public du navigateur fera le déplacement jusqu'à un jeu payant. Soulbound n'est pas le Ragnarok 2 que certains espéraient, c'est autre chose : un MMO-roguelite nostalgique et addictif, à juger pour ce qu'il est plutôt que pour le fantôme qu'il convoque.

Soulbound: Online, l'économie 100% joueurs et la forge au coeur de la boucle sociale

Ce qu'on retient

Soulbound: Online est un jeu attachant qui réveille de vrais et beaux souvenirs. Son pixel art, sa boucle de farm et de butin, et surtout son économie entièrement gérée par les joueurs capturent une part authentique de ce qui rendait les MMO des années 2000 si prenants. Son prix modeste en fait une proposition sincère, et la nostalgie qu'il convoque n'est pas volée.

Mais l'ambiance de monde social qu'il promet, il ne peut pas la tenir tout seul, et pour l'instant les serveurs Steam ne la lui fournissent pas. C'est un jeu conçu pour la foule, joué en petit comité.

Mais il ne faut pas se tromper sur sa nature. Soulbound n'est pas un meilleur Ragnarok, ce n'est même pas vraiment un Ragnarok : c'est un hybride action-roguelite plus arcade, qui emprunte l'esthétique et l'esprit du maître sans en reprendre le coeur tactique et le rythme contemplatif. Pour qui accepte cette différence, c'est une pépite nostalgique et addictive, encore en accès anticipé et perfectible, mais pleine de charme. Pour qui rêvait littéralement du retour de Ragnarok, mieux vaut ranger cet espoir précis et découvrir Soulbound pour ce qu'il est vraiment.

Verdict

Un MMO-roguelite pixel art qui ravive avec sincérité la nostalgie de Ragnarok Online, sans en être le successeur. Ses meilleures idées, le marché entre joueurs et la coopération, attendent une population que son million d'inscrits navigateur ne lui a pas amenée sur Steam.

Points forts :

  • Une boucle de farm et de butin hypnotique, héritée des MMO d'antan
  • Une économie 100% gérée par les joueurs, excellente sur le principe
  • Un pixel art et une ambiance qui raviveront de beaux souvenirs

Points faibles :

  • Des serveurs Steam quasi déserts, qui vident son économie de sa substance
  • Un hybride action-roguelite loin du coeur tactique de Ragnarok
  • Un accès anticipé aux rugosités héritées de son passé navigateur
  • Une réception Steam Mitigée, à 56% d'avis positifs

Testé sur PC, en accès anticipé.

On débriefe chaque sortie sur notre Discord. La porte est ouverte, les désaccords aussi.

Communauté

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