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Splatoon Raiders ose le solo là où la série vivait pour le multi, et contre toute attente, c'est une réussite
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Note8/10

Splatoon Raiders ose le solo là où la série vivait pour le multi, et contre toute attente, c'est une réussite

Nintendo transforme sa saga multijoueur en looter-shooter PvE solo sur Switch 2. Pari risqué, mais la boucle de loot et de progression accroche et ne lâche plus.

A

Alexandrosse

·24 juillet 2026·6 min de lecture

Note InsertCoins.press

8/10

Verdict

Recommandé

On se souvient d'avoir joué à Counter-Strike en solo, du temps où l'on pouvait sauver des otages contre des bots. C'était marrant cinq minutes, une curiosité sympathique, mais même à cette époque on filait très vite vers le multijoueur, parce que c'était là que le jeu vivait vraiment. Certaines franchises sont ainsi : bâties pour l'affrontement humain, elles n'ont de sens qu'à plusieurs. Splatoon en fait partie, ou du moins en faisait partie. Alors quand Nintendo annonce un Splatoon entièrement pensé pour le solo, la même question surgit : pourquoi diable se pencher là-dessus ? La réponse, surprenante, est que ça marche vraiment.

Splatoon Raiders, le looter-shooter PvE solo qui réinvente la série sur Switch 2

Le contexte

Splatoon Raiders est un spin-off développé par Nintendo EPD, disponible en exclusivité sur Switch 2 depuis le 23 juillet 2026. Il opère un virage radical : là où les épisodes principaux étaient des shooters compétitifs multijoueurs centrés sur la Guerre de Territoire, Raiders devient un looter-shooter PvE pensé avant tout pour le solo, avec une campagne d'environ dix-huit heures et une coopération jusqu'à quatre joueurs greffée par-dessus. C'est le premier looter-shooter de la saga, une prise de risque assumée, sortie avant un éventuel Splatoon 4 pour exploiter à fond les capacités de la nouvelle console. La critique a suivi, avec une moyenne Metacritic de 81 et des notes flirtant avec le 9 sur 10 chez plusieurs médias.

Le gameplay : la boucle du looter-shooter, appliquée à l'encre

Ce qui fait tenir Splatoon Raiders, c'est sa boucle de looter-shooter, et elle est étonnamment bien pensée. Le principe diffère radicalement des épisodes principaux : on part récolter du butin sur des stages variés, on revient au hub central, on se renforce, on améliore son équipement, puis on repart affronter des hordes plus coriaces à mesure qu'on progresse. Cette structure de collecte, de montée en puissance et de défi croissant est l'ADN même du genre, celui des Diablo et autres chasses au loot, et elle épouse remarquablement l'univers coloré de Splatoon. Les joueurs de longue date le confirment : Raiders offre même plus de profondeur que les épisodes canoniques sur la personnalisation des armes et la richesse de la boucle de jeu.

Les mécaniques traduisent avec intelligence l'identité de la série. Les stages rappellent ceux du mode Salmon Run, mais plus étendus, découpés en segments de traversée et de plateforme où l'on progresse de zone en zone. L'eau vous blesse, alors on se déplace sur un petit bodyboard d'une section à l'autre, et l'on grimpe sur son compagnon robotique pour bondir plus haut ou franchir un obstacle. Les environnements varient franchement, d'une zone enneigée à des souterrains, et le tout est ponctué par la personnalisation des armes, la construction de base et un mode Survivaliste exigeant qui récompense le grind. On retrouve la nervosité et la lisibilité propres à Splatoon, réagencées au service d'une aventure solo qui blend mouvement et combat avec un vrai savoir-faire.

Splatoon Raiders, la récolte de butin et la progression de zone en zone sur les stages

Ce qui coince

Il faut rester lucide sur les limites de la proposition. Le premier point de vigilance concerne la coopération, mal comprise par beaucoup : Splatoon Raiders n'offre pas d'écran partagé sur une seule console, fidèle en cela à toute la série. Pour jouer en local à plusieurs, il faut deux consoles et parfois deux exemplaires du jeu, ou passer par le partage de jeu, avec ses contraintes. C'est un jeu solo avec une coop optionnelle par-dessus, notamment un système d'appel à l'aide où un joueur en ligne vient prêter main-forte lors des raids, mais qui espérait s'installer à quatre sur le canapé avec un seul écran doit revoir ses attentes. La confusion est réelle, et elle mérite d'être dissipée avant l'achat.

L'autre réserve tient au risque de répétition sur la durée, pointé par une partie des joueurs. Un looter-shooter vit de la variété de ses ennemis et de ses objectifs, et le end-game pourrait tourner en rond une fois qu'on aura vu et revu les mêmes mobs enchaîner des missions similaires. C'est la fatalité du genre, cette tension entre l'addiction immédiate de la boucle de loot et l'usure inévitable de la formule quand le contenu s'épuise. Splatoon Raiders semble généreux, avec un end-game qui s'annonce consistant, mais il faudra du recul pour savoir s'il tient la distance ou s'il s'essouffle une fois le grind bien entamé. Le plaisir est indéniable sur les premières heures, la longévité reste à confirmer.

Splatoon Raiders, la personnalisation des armes et le hub central pour se renforcer

Ce qu'on retient

Splatoon Raiders est une belle surprise, la preuve qu'une franchise bâtie pour le multijoueur peut réussir son virage solo quand elle le fait avec conviction. Là où l'on redoutait une curiosité anecdotique, à la manière du Counter-Strike solo qu'on lâchait aussitôt, Nintendo livre un vrai looter-shooter, avec une boucle de collecte, de montée en puissance et de défi croissant qui accroche et ne lâche plus. Les mécaniques, de la traversée en bodyboard au compagnon robotique en passant par la personnalisation poussée des armes, réagencent avec intelligence l'identité de Splatoon au service de l'aventure solo. La critique l'a salué, les joueurs y perdent des heures, et l'on comprend pourquoi.

Il faut simplement lever les malentendus et accepter les limites du genre. La coopération, mal comprise, n'offre pas d'écran partagé sur une seule console et réclame plusieurs machines, un point à connaître avant de se lancer en famille. Et le risque de répétition guette sur la durée, comme dans tout looter-shooter, avec un end-game dont la longévité reste à confirmer. Mais sur l'essentiel, l'audace du pari et la qualité de son exécution, Splatoon Raiders tient une réussite inattendue. Nintendo s'est penché sur le solo, et contre toute attente, il avait raison. On ne file plus vers le multi, on reste pour le loot.

Verdict

Un spin-off qui transforme la saga multijoueur en looter-shooter PvE solo, avec une boucle de loot et de progression qui accroche : un pari risqué et une vraie réussite, à condition de ne pas se tromper sur la coop.

Points forts :

  • Une boucle de looter-shooter addictive, bien adaptée à l'univers Splatoon
  • Une personnalisation d'armes plus profonde que les épisodes principaux
  • Des mécaniques de traversée malignes, bodyboard et compagnon robotique
  • Une aventure solo généreuse d'environ dix-huit heures

Points faibles :

  • Pas d'écran partagé sur une console, une coop souvent mal comprise
  • Un risque de répétition en end-game, propre au genre
  • Une longévité à confirmer une fois le grind bien entamé

Testé sur Switch 2.

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