
Combolands : un city builder qu'on termine en trente minutes, et c'est exactement ce qu'il fallait
Poser des bâtiments, empiler des synergies, regarder les chiffres grimper. Sept guildes, deux par partie, et une carte neuve à chaque fois.

Une triangle de boules aux effets absurdes, dix manches à tenir, et un bar où l'on améliore son jeu entre deux cocktails.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
7/10
Verdict
Recommandé
On a eu le deckbuilder de poker, de solitaire, de pêche, de golf, de gestion d'auberge, de combat au tour par tour et de tout ce qui pouvait se réduire à une pioche. On pensait avoir fait le tour.
Personne n'avait pensé au billard. Et en y jouant, on se demande pourquoi, parce que c'est peut-être le meilleur candidat de la liste.

Un deckbuilder demande deux choses : des éléments qu'on collectionne et combine, et un moment où l'on lâche la machine pour regarder ce qu'elle produit.
Le billard fournit les deux naturellement. Les boules sont vos cartes, sauf qu'elles occupent une position dans l'espace. Et le coup de queue est le moment où l'on relâche : on vise, on frappe, et pendant deux secondes on n'a plus aucun contrôle sur ce qui se passe. C'est exactement la seconde d'attente qui fait le sel de ces jeux, mais elle est ici physique au lieu d'être une animation.
Le principe est direct. Vous empochez des boules, ça donne du score, le score donne de l'argent, et l'argent s'échange au bar contre de nouvelles boules ou des améliorations. Dix manches à survivre.
Tout le plaisir tient dans ce que le studio a osé mettre sur la table.
Une boule fantôme qui réapparaît sur le tapis après avoir été empochée. Une boule poule qui pond des œufs sphériques. Une bombe qui explose si on la bouscule trop. La liste continue dans la même direction, et chaque nouvelle trouvaille change la façon dont on regarde un alignement.
C'est là que le jeu devient malin : au billard classique, on calcule un angle. Ici, on calcule un angle et une réaction en chaîne. Toucher la mauvaise boule au passage peut faire sauter la table. Toucher la bonne peut multiplier un score par quatre. Le coup parfait n'est plus le plus propre, c'est celui qui déclenche la meilleure cascade.

Le jeu se donne un décor de bar tranquille, avec un cocktail à choisir avant de commencer et des barmen qu'il faut impressionner. C'est coloré, c'est arcade, et ça n'essaie pas de se faire passer pour une simulation.
Bon choix. Un billard réaliste aurait rendu les effets absurdes ridicules ; un billard assumé comme un jouet les rend cohérents.
Les commandes se prennent en main immédiatement, ce qui compte : il fallait que la partie difficile soit la construction du triangle, pas le fait de viser.
Le hasard physique est une arme à double sens. Un deckbuilder de cartes est déterministe une fois la pioche connue ; ici, un centimètre d'écart transforme un coup gagnant en catastrophe. C'est ce qui rend le jeu vivant, c'est aussi ce qui rend certaines défaites difficiles à attribuer à autre chose qu'à la table.
Dix manches, ça se boucle. Le format est court, ce qui est agréable, mais la durée de vie repose entièrement sur le nombre de boules à découvrir et sur la profondeur des synergies. Le premier soir on essaie tout ; c'est le deuxième mois qui dira si le moteur tient.
Le jeu sort aujourd'hui, développé par Icedrop Games et édité par offbrand games.

Sept, et elle est méritée.
Elle salue une idée que personne n'avait eue alors qu'elle était sous le nez de tout le monde, et une exécution qui comprend ce qu'elle emprunte : la trajectoire physique remplace la pioche, l'espace remplace la main, et le résultat n'est pas un habillage mais un vrai déplacement du genre.
Elle tient compte d'une part d'imprévu que tout le monde n'acceptera pas, et d'un contenu dont la longévité reste à confirmer.
Reste une question qui me taraude : à quand le deckbuilder de croquet ? Parce qu'au rythme où va cette année, quelqu'un est déjà dessus.
Vous voyez quel sport y passer ensuite ? Faites vos paris sur le Discord d'InsertCoins.
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