
Barfender : mon ami idiot a bu toutes les bières
Un bar coopératif qui s'effondre pendant que vous servez. 98 % d'avis positifs, et une des rares fois où le chaos est le sujet.

Un jeu de ferme dessiné comme un manga d'horreur, où l'on épouse un villageois bizarre et où l'on arrache les tentacules qui poussent dans le champ.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
9/10
Verdict
Indispensable
Il y a une ligne sur la page de vente qui m'a fait acheter le jeu immédiatement : faites pousser des cultures utiles comme le maïs, la citrouille, les dents ou les yeux.
Tout Welcome to Elderfield est dans cette phrase. C'est un jeu de ferme, c'est très mignon, et quelque chose ne va pas du tout.

Elderfield est une petite ville où les habitants sont étranges, où des entités anciennes vous observent, et où les informations locales deviennent chaque jour un peu plus inquiétantes.
Le jeu ne joue pas sur la peur mais sur le décalage. Personne ne s'affole. On vous accueille, on vous installe, on vous propose de participer à la vie locale. Et ceux qui arrivent à Elderfield trouvent rarement une raison, ou une possibilité, de repartir.
C'est bien plus efficace que le sursaut, parce que le malaise ne vient pas d'un monstre mais de la normalité avec laquelle tout le monde traite l'anormal.
Ne vous fiez pas à l'habillage : il y a un vrai jeu de vie derrière.
Vous personnalisez votre maison et votre personnage. Vous démêlez des mystères quotidiens. Vous vous liez avec les villageois bizarres, et vous pouvez en épouser un. Vous pêchez, vous minez, vous cueillez dans les bois alentour.
Côté ferme, vous cultivez votre terre, vous récoltez, et vous empêchez les tentacules de proliférer. Vous élevez un bétail venu d'ailleurs. Et vous espérez que ce qui vit dans la forêt ne vienne pas faire un tour dans votre exploitation.
Tout est dessiné à la main, dans un style inspiré des mangas d'horreur, ce qui donne des visages beaucoup trop fixes et des noirs beaucoup trop profonds pour un jeu où l'on plante des citrouilles.
La musique est une bande-son lo-fi sombre signée Dated, et elle fait un travail considérable : elle installe une mélancolie continue qui empêche le jeu de basculer dans la parodie.

Elderfield aurait pu s'arrêter au vernis, comme des dizaines de jeux de ferme cosy vaguement bizarres. Il ne s'arrête pas là.
Il y a un système de combat au tour par tour dans lequel il faut utiliser ses ressources récoltées, des améliorations temporaires et un équipement varié pour survivre à des rencontres avec des horreurs anciennes.
Autrement dit, votre récolte n'est pas un score. C'est votre munition. Ce qui relie enfin les deux moitiés du jeu, là où la plupart des jeux du genre les juxtaposent.
Et vous choisissez votre difficulté. Le mode cosy offre une vie tranquille de récolte et de découverte. Si vous voulez de la résistance, les Anciens Dieux vous attendent, et le studio annonce la couleur avec une question élégante : quelle quantité de souffrance êtes-vous capable d'endurer ?
Le jeu est signé Chris Cote, un développeur seul, édité par Kwalee, à 16,19 euros.
Et l'accueil est excellent : 421 avis positifs sur 439, soit 96 % de satisfaits. C'est le meilleur score de la semaine, tous jeux confondus.
Les options d'accessibilité sont nombreuses pour un jeu de cette taille, avec alternatives de couleurs, réglages de contraste, sous-titres et difficulté ajustable.
Ma seule réserve tient au genre : un jeu de vie se juge sur des dizaines d'heures, et trois jours après la sortie personne ne peut vous dire si Elderfield tient sur la durée. Ce que je peux dire, c'est que la promesse est tenue dès la première heure, et que je n'ai jamais vu un jeu de ferme réussir aussi bien à me mettre mal à l'aise pendant que je désherbe.

Vous avez épousé lequel des villageois ? On ne juge pas, on compare, sur le Discord d'InsertCoins.
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