
Amata : deux ans d'accès anticipé pour un action-RPG 2D qui mise tout sur la fluidité
Une lame mémétique, des parades, des artefacts et une téléportation libre entre tous les points connus. La 1.0 arrive après deux ans jour pour jour.

Un survivors où l'on dirige trois personnages au lieu d'un. Un demi-million d'exemplaires vendus avant même la sortie officielle.
Alexandrosse
Note InsertCoins.press
7/10
Verdict
Recommandé
Le titre est une blague sur le genre lui-même : encore un survivors de plus. Il y en a des centaines, ils se ressemblent tous, et la plupart disparaissent en trois semaines.
Celui-ci a tenu trois ans en accès anticipé, dépassé le demi-million d'exemplaires vendus, et il passe enfin en version 1.0 aujourd'hui.

Dans un survivors classique, on incarne un personnage qui tire tout seul pendant qu'on se contente de bouger. Ici, on dirige une escouade.
On commence avec un survivant et on peut en recruter jusqu'à deux autres pendant la partie. Les trois tirent automatiquement, et c'est le déplacement du groupe qui constitue tout le pilotage.
Ça paraît anodin, ça change beaucoup de choses. Les synergies ne se construisent plus entre les objets d'un seul personnage mais entre trois panoplies simultanées, ce qui multiplie les combinaisons possibles. Et le positionnement compte davantage, puisqu'un groupe couvre un arc de tir plus large qu'un individu mais offre aussi une cible plus étalée.
C'est une variation modeste sur une formule connue, mais elle est bien vue et elle suffit à donner au jeu son identité.
Les parties sont courtes, autour de vingt à trente minutes, ce qui est le bon format pour ce genre. On ne s'engage pas pour la soirée, on lance une manche.
La prise en main est immédiate. C'est l'un des rares jeux du genre où l'on n'a pas besoin de comprendre le système avant de s'amuser. On bouge, l'équipe tire, on choisit des améliorations, et la montée en puissance fait le reste.
La montée en puissance est satisfaisante. À chaque niveau on choisit parmi des améliorations tirées au hasard, et l'on transforme progressivement trois survivants ordinaires en machine à nettoyer l'écran. C'est le plaisir central du genre et il est correctement servi.
Le rythme est bien tenu, sans temps mort, et le contenu est suffisamment fourni en personnages, capacités et constructions pour justifier plusieurs dizaines d'heures.

Les critiques des joueurs de longue date convergent, et elles sont honnêtes.
Il n'apporte pas grand-chose au genre. C'est un bon jeu, bien exécuté, mais plusieurs joueurs à quinze ou vingt heures disent la même chose : il est solide sans être notable. Dans une famille où la concurrence est pléthorique, être correct ne suffit pas toujours.
La méta-progression est mince. C'est le reproche le plus sérieux, parce que dans ce genre la rétention repose presque entièrement sur ce que l'on débloque durablement entre deux parties. Une progression trop légère et l'on referme le jeu au bout de quinze heures sans y revenir.
Certaines améliorations comptent plus que d'autres. Une partie des joueurs signale qu'empiler les améliorations d'armes suffit à gagner, ce qui vide de sens les autres branches. Si c'est encore vrai en 1.0, c'est le point que le studio devra surveiller.
Enfin, une refonte des arbres d'amélioration pendant l'accès anticipé a mécontenté une partie des joueurs de la première heure, qui ne voyaient pas de problème à la version d'origine.
C'est le contexte de ce test, et il est favorable. Le studio annonce une mise à jour dont il dit lui-même qu'elle contient assez de contenu pour constituer un jeu à part entière.
C'est aussi la sortie qu'une partie de la communauté attendait pour recommencer de zéro : beaucoup de joueurs avaient délibérément mis le jeu de côté en attendant cette version pour repartir sur une progression propre.
Le jeu est vendu autour de quinze euros, ce qui est légèrement au-dessus de la moyenne du genre mais reste raisonnable au regard du volume de contenu.

Elle récompense une variation intelligente sur une formule saturée, l'escouade à trois qui multiplie les synergies, un format de partie parfaitement calibré, et une accessibilité qui laisse s'amuser avant d'avoir tout compris. Trois ans de suivi et un demi-million d'exemplaires vendus disent aussi quelque chose de la constance du studio.
Elle tient compte d'une méta-progression trop légère pour un genre qui en vit, d'un équilibrage où certaines branches d'amélioration écrasent les autres, et d'une proposition qui reste dans les clous du genre plutôt qu'elle ne le pousse.
Pour qui a fini Vampire Survivors et cherche la même sensation avec un angle neuf, c'est une bonne pioche. Pour qui attend la révolution du genre, elle n'est pas ici.
Vous préférez piloter un héros ou une escouade dans un survivors ? Le débat est ouvert sur le Discord d'InsertCoins.
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