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Zenless Zone Zero arrive enfin sur Steam, et reste le plus beau jeu d'action qu'on ait du mal à recommander
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Note5/10

Zenless Zone Zero arrive enfin sur Steam, et reste le plus beau jeu d'action qu'on ait du mal à recommander

Débarquement sur Steam et version 3.0 aujourd'hui. On n'aime pas les gacha HoYoverse, alors on a pris le plus stylé au sérieux. Verdict: du talent enchaîné à une caisse enregistreuse.

A

Alexandrosse

·17 juin 2026·8 min de lecture

Note InsertCoins.press

5/10

Verdict

Mitigé

Disons-le d'entrée, par honnêteté: les gacha de HoYoverse, ce n'est pas notre came. Mais Zenless Zone Zero débarque aujourd'hui sur Steam, et il méritait qu'on dépasse le réflexe pour répondre à une question simple: ce jeu apporte-t-il quelque chose, ou n'est-il qu'une magnifique machine à sous déguisée en jeu d'action ? La réponse est plus nuancée, et plus triste, qu'on ne le pensait.

Zenless Zone Zero, l'action stylée de New Eridu

Le contexte

Zenless Zone Zero est un action-RPG free-to-play développé par HoYoverse, sorti à l'origine en juillet 2024 sur mobile et PlayStation 5. Ce 17 juin 2026, il franchit une étape importante: l'arrivée sur Steam, accompagnée de la version 3.0 baptisée A Sleepwalker's Confession et d'une progression cross-plateforme complète avec sauvegarde cloud. Vous pouvez désormais passer d'un compte PC, PS5, Xbox ou mobile à l'autre sans rien perdre. C'est le moment idéal pour juger le jeu sur pièces, d'autant qu'il arrive auréolé d'une réputation contrastée.

Le gameplay: un vrai bac à sable sous une couche de vernis

C'est le sujet qui déchire sa propre communauté. Pour ses détracteurs, ZZZ est un matraquage de boutons où l'on enchaîne des combos automatiques pendant que des trucs cools se produisent à l'écran. Pour ses défenseurs, c'est un bac à sable d'action d'une profondeur insoupçonnée, où la performance dépend bien plus de votre capacité à réagir aux attaques que de vos statistiques.

La vérité se situe entre les deux, et elle est instructive. ZZZ pioche intelligemment dans le character action, ce genre exigeant des Bayonetta et autres Devil May Cry, et dans les vieux systèmes de combat à tag de jeux comme Sengoku Basara ou Onechanbara. Il les simplifie pour les rendre coopératifs et accessibles: un bouton d'esquive parfaite, un système d'assist et de switch qui fait entrer un coéquipier pour contrer à votre place. Sur le papier, c'est malin. Dans les faits, ce contre automatique aplatit l'expression: beaucoup d'équipes finissent par se jouer de la même manière, et la profondeur réelle ne se révèle qu'après vingt à quarante heures, une fois qu'on a tiré les bons personnages. Un jeu qui met si longtemps à montrer ce qui le rend intéressant a un problème de design, pas seulement de patience.

Zenless Zone Zero, le système d'assist et de switch en combat

La machine à cash, ce péché originel

Et voilà le coeur du sujet, celui qu'aucune animation flashy ne peut masquer. Zenless Zone Zero est, fondamentalement, un gacha. Sa boucle ultime n'est pas le combat, c'est la collection. Les personnages s'obtiennent via le Signal Search, un système de bannières où le taux d'apparition d'un agent de rang S plafonne autour de 0,6 %, adouci par un système de pitié garanti au bout d'un certain nombre de tirages. On ne possède pas vraiment ses personnages, on les loue à la roulette.

Cette logique contamine tout. Le contenu de fin de partie, censé être le terrain de jeu des mécaniques de combat, se résume trop souvent à transformer les ennemis en éponges à dégâts dont les barres de vie ont gonflé patch après patch, histoire de pousser le joueur à tirer le dernier personnage à la mode. Le jeu vous nudge en permanence vers la dépense, et pour suivre l'endgame sans cracher au bassinet, il faut farmer comme un forçat. À son crédit, ZZZ fait un petit geste: les Bangboos, ces adorables assistants robotiques en forme de lapin, s'obtiennent gratuitement. C'est sympathique. C'est aussi l'arbre minuscule qui cache une forêt de monétisation.

Zenless Zone Zero, les agents à collectionner via le gacha

L'histoire: une identité bradée

Le plus rageant, c'est que ZZZ avait une vraie personnalité, et qu'il l'a vendue. Les joueurs de la première heure sont formels: la saison 1, avec sa structure épisodique de méchant de la semaine, son ambiance d'urban fantasy cyberpunk et son humour décalé, avait un ton unique. On y incarnait un Proxy guidant des équipes dans les Hollows de New Eridu, des gens normaux essayant de gagner leur vie dans une mégapole hostile. C'était léger, stylé, et ça ne ressemblait à aucun autre HoYoverse. Le TV Mode, cette exploration en grille d'écrans façon bande dessinée, lui offrait même une signature visuelle inédite.

Puis est venue la saison 2, et la dégringolade que la communauté n'a pas pardonnée. Le jeu a troqué son cyberpunk urbain contre une plongée dans le wuxia et la cultivation à la chinoise: arts mystiques, manipulation du Qi, combats à l'épée volante. Les antagonistes, mal écrits, ont enchaîné les apparitions de méchants de carton, et l'écriture s'est mise à dépendre des bandes-annonces plutôt que de l'intrigue, sacrifiant la cohérence narrative pour vendre le personnage du patch en cours. La fameuse logique de la waifu poussée plus fort que l'histoire. Au passage, le TV Mode, sa signature, a quasiment disparu. La version 3.0 qui sort aujourd'hui a justement la lourde tâche de redresser la barre après cette saison décriée. L'intention est là, mais après une telle chute, c'est à l'usage qu'on jugera si le cap est vraiment corrigé.

Zenless Zone Zero, le virage vers l'esthétique wuxia de la saison 2

La technique: le sommet du genre

Rendons-lui ce qui lui revient: sur la forme, ZZZ est irréprochable. C'est le jeu le plus stylé et le plus accessible jamais produit par HoYoverse. Direction artistique cel-shadée parmi les plus léchées du marché, animations de combat somptueuses, bande-son qui claque, ambiance urbaine hip-hop assumée. La présentation n'a rien à envier à des productions vendues plein tarif, et l'arrivée sur Steam avec sauvegarde cloud et cross-progression rend le tout encore plus confortable. Sur le plan purement audiovisuel, c'est une vitrine technologique.

Le problème, c'est que toute cette virtuosité est mise au service d'un entonnoir. Le clinquant ne compense pas le vide quand on réalise que la mécanique qui sous-tend l'ensemble est une bannière à tirages.

Zenless Zone Zero, le style cel-shadé et l'ambiance urbaine

Les chiffres qui démentent le miracle

Reste l'argument massue de ses défenseurs: le succès commercial. Sauf que là aussi, le tableau se fissure. ZZZ a engrangé environ 100 millions de dollars dès son lancement, et 442 millions sur sa première année mobile. Des sommes énormes dans l'absolu, mais qui ne représentent que 23 % de ce que Genshin Impact avait encaissé sur sa propre première année. Pour le porte-étendard d'un genre censé être une planche à billets, c'est un demi-succès maison.

Et la pente est descendante. Les utilisateurs actifs mensuels, montés à plus de 30 millions début 2025, étaient retombés autour de 19 millions fin 2025. Les revenus mobiles mensuels, eux, fondent: d'environ 23 millions de dollars en janvier 2026 à un peu plus de 13 millions en février. Autrement dit, même en tant que machine à cash, ZZZ tousse. Le sacrifice de son identité ne lui a même pas acheté la domination commerciale qui aurait pu, cyniquement, le justifier. L'arrivée sur Steam est aussi, à n'en pas douter, une tentative d'élargir une audience qui s'effrite.

Ce qu'on retient

Soyons justes: ZZZ apporte quelque chose. Il prouve qu'un action-gacha peut être stylé, accessible et techniquement irréprochable, et son bac à sable de combat recèle une vraie matière pour qui accepte d'y plonger des dizaines d'heures. Pour quelqu'un qui, comme nous, est rétif au modèle HoYoverse, c'est l'entrée la moins indigeste de tout le catalogue, et l'arrivée sur Steam est le meilleur moment pour s'y essayer gratuitement.

Mais on ne peut pas fermer les yeux sur le fond. Zenless Zone Zero est la tragédie du gacha résumée en un jeu: un authentique talent d'action enchaîné à une logique de slot machine qui finit par tout dévorer, jusqu'à l'identité créative du jeu lui-même. Entre un combat qui se révèle trop tard, une histoire qui s'est reniée et un modèle économique qui reste le vrai patron, il y a autant de raisons d'aimer que de fuir. C'est précisément la définition d'un jeu moyen: brillant par endroits, frustrant partout ailleurs.

Verdict

Le plus beau gacha du marché reste un gacha: ZZZ a le talent d'action et le style d'un grand jeu, mais il les a hypothéqués à une machine à sous qui a même fini par diluer son identité. À essayer gratuitement sur Steam par curiosité, à fuir si le modèle vous hérisse.

Points forts :

  • Une direction artistique et des animations au sommet du genre
  • Un bac à sable de combat à la vraie profondeur, pour les patients
  • L'arrivée sur Steam, gratuite, avec cross-progression et cloud
  • Les Bangboos gratuits, rare geste anti-monétisation

Points faibles :

  • Un modèle gacha omniprésent qui dicte toute la boucle de jeu
  • Un combat qui ne se révèle qu'après des dizaines d'heures
  • Une histoire qui a sacrifié son identité urbaine pour du wuxia générique
  • Des ennemis éponges en endgame pour pousser aux tirages

Testé sur PC.

Sources

Communauté

--/100

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