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BLOODLETTER : saigneur, seigneur, et un deckbuilder de barbier-chirurgien qui sort de son accès anticipé aujourd'hui
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Note7.5/10

BLOODLETTER : saigneur, seigneur, et un deckbuilder de barbier-chirurgien qui sort de son accès anticipé aujourd'hui

Quatre entités à purifier, une file d'attente de villageois, des cartes qui fusionnent. Une direction artistique superbe au service d'un deckbuilder rigoureux.

A

Alexandrosse

·17 août 2026·8 min de lecture

Note InsertCoins.press

7.5/10

Verdict

Recommandé

Tu poses la question du jeu de mots, alors réglons-la tout de suite, parce que la réponse est plus intéressante que prévu.

En anglais, non : bloodletter est un mot technique parfaitement sérieux, celui qui pratique la saignée. Aucune malice, c'est le métier. En français en revanche, la traduction naturelle ouvre une porte que l'anglais n'a pas : le saigneur et le seigneur sont homophones. Or ce jeu parle exactement de ça, d'un homme qui tient un rasoir et un pouvoir sur la vie des autres. Le studio ne l'a probablement pas cherché, mais notre langue lui a offert un cadeau.

BLOODLETTER, l'atmosphere de l'echoppe du barbier-chirurgien

Tu as raison sur la direction artistique

C'est la première chose qui frappe et c'est la meilleure du jeu. Le studio allemand ALDAMAMI GAMES a bâti son identité visuelle sur le tarot, et pas comme un habillage : les cartes ont des illustrations, des titres et des incantations qui ressemblent vraiment à des lames de tarot médiéval, avec cette imagerie de superstition, de remèdes douteux et de corps souffrant.

L'ensemble se passe dans un établissement de bains, chaque entité affrontée ayant son propre environnement. C'est cohérent, c'est sale au bon sens du terme, et ça ne ressemble à aucun autre deckbuilder du marché, ce qui est un exploit dans un genre saturé.

Le jeu a d'ailleurs décroché l'argent aux GWB Game Awards en décembre 2025, avant même sa sortie en accès anticipé.

La boucle, et la bonne idée derrière

Vous êtes barbier-chirurgien. Devant vous, une file d'attente de villageois. Sur eux, des entités à purifier.

Le premier bon choix de design est là : les boss ne sont pas des sacs à points de vie, ce sont des entités avec chacune sa condition de victoire propre. On n'affronte pas L'Empalé comme on affronte L'Avarice et la Cupidité. La première vous demande d'assembler des morceaux d'épée, la seconde a faim et exige que vous décidiez quelle statistique sacrifier pour l'apaiser. Chaque entité se joue sur trois difficultés, et le contenu se débloque en les nettoyant.

Vous jouez sur trois jauges : Pureté, Santé et Maladie. Vos cartes les manipulent dans tous les sens, et la subtilité vient de ce qu'elles agissent souvent sur les autres villageois de la file, pas seulement sur celui que vous traitez. Le Héraut des Remèdes rend quinze points de santé aux autres patients en attente, le Sacrifice Bienvenu leur donne quinze points de pureté. Vous ne soignez pas un homme, vous gérez une salle d'attente.

Par-dessus, deux systèmes structurent les parties. Les transmutateurs, une douzaine, changent l'utilité de vos cartes selon celui qui est actif : la même main ne vaut pas la même chose d'une partie à l'autre. Et les onze villageois, dont les capacités améliorent votre deck et infléchissent la partie en cours.

BLOODLETTER, la file d attente des villageois et les cartes de tarot

Ce que la sortie d'aujourd'hui change

Il faut le dire, parce que c'est le contexte de ce test : BLOODLETTER quitte l'accès anticipé aujourd'hui, 17 août 2026, après un peu moins de cinq mois.

Et le studio a tenu son calendrier, ce qui mérite d'être souligné à une époque où l'accès anticipé sert trop souvent de salle d'attente indéfinie. Il annonçait environ quatre mois et au moins une grosse mise à jour de contenu. Il a livré deux entités au lancement de mars, une troisième le 25 juin avec vingt et une cartes et deux transmutateurs, et la quatrième aujourd'hui avec à nouveau vingt et une cartes et deux transmutateurs.

La version finale ajoute aussi un rite de séparation, où l'on recrute ses villageois comme alliés parce que cette dernière entité ne se bat pas seul, et une décision finale sur le sort du village.

Ce que je reproche au jeu

Le rythme des déblocages est exigeant, et parfois frustrant. Certaines cartes ne s'obtiennent qu'en battant une entité précise à une difficulté précise : la Renaissance demande L'Empalé en moyen, le Héraut des Remèdes demande L'Être Corrupteur en difficile. Le studio explique sa logique, à savoir mettre les cartes à gros chiffres dans les difficultés basses et les cartes compliquées plus haut, et c'est défendable. En pratique, ça veut dire que les outils les plus intéressants arrivent quand vous n'en avez plus vraiment besoin.

Le deuxième point est plus discutable, et c'est un choix assumé du studio : en juin, la probabilité de tomber sur une carte rare lors des extractions de pierre de sang est passée de 35 à 10 pour cent. L'intention est bonne, elle vise à éviter que toutes les parties se ressemblent en offrant toutes les raretés. L'effet secondaire est que les parties malchanceuses deviennent nettement plus plates.

Enfin, la réception reflète bien tout ça. Le jeu est en Plutôt positif, avec 101 avis positifs sur 129, soit environ 78 pour cent. C'est honorable, ce n'est pas un triomphe, et l'écart tient surtout à des attentes de lisibilité que le studio a d'ailleurs entendues, puisqu'il a retravaillé le design des cartes fusionnables pour cette version finale.

BLOODLETTER, les transmutateurs et les effets de cartes

Ce qui fixe la note

Elle récompense une identité visuelle qui n'appartient qu'à lui, une écriture qui va avec, et surtout des conditions de victoire différenciées par entité qui empêchent le jeu de se réduire à optimiser un seul moteur de dégâts. La file d'attente est une trouvaille : elle transforme un duel en gestion de salle.

Elle tient compte d'un déblocage sévère qui met du temps à ouvrir sa boîte à outils, d'une variance de rareté volontairement resserrée qui rend certaines parties fades, et d'un volume de contenu qui reste celui d'un petit studio : quatre entités, c'est cohérent, ce n'est pas immense.

Bon point pour la localisation, le jeu est disponible en français, ce qui compte beaucoup dans un genre où l'on lit chaque carte.

Et pour dix euros, avec une remise de 35 pour cent au moment où j'écris, le rapport contenu-prix est franchement bon.

Alors dites-moi, vous qui jouez aux deckbuilders : est-ce que des conditions de victoire différentes par boss vous manquent ailleurs, ou est-ce que vous préférez la pureté d'un Slay the Spire où tout se résout aux dégâts ?

On refait le monde des jeux de cartes sur le Discord d'InsertCoins, venez défendre votre deck.

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