INSERTCOINS.press
Warhounds : un XCOM correct sorti juste avant le vrai, et un passif que l'acheteur mérite de connaître
Tests
Test
Note6/10

Warhounds : un XCOM correct sorti juste avant le vrai, et un passif que l'acheteur mérite de connaître

Tactique au tour par tour honnête mais sans éclat. Surtout, c'est la version internationale de Sparta 2035, financé par un organisme d'État russe.

A

Alexandrosse

·11 août 2026·8 min de lecture

Note InsertCoins.press

6/10

Verdict

Mitigé

Le calendrier ne doit rien au hasard. Warhounds sort aujourd'hui, soit deux semaines et demie avant Star Wars Zero Company, le tactique au tour par tour de Bit Reactor qu'attendent tous les orphelins de XCOM. Se placer juste avant le gros morceau pour rafler les impatients, c'est de bonne guerre commerciale.

Le jeu lui-même ? Correct. Sympa, même, mais sans plus, et on va détailler pourquoi. Il y a ensuite un second sujet, qui n'a rien à voir avec le game design et que nous ne pouvions pas passer sous silence.

Warhounds, le jeu de tactique au tour par tour dans une Afrique d anticipation

Le jeu, sans détour

Warhounds assume complètement sa filiation : tactique au tour par tour inspiré de XCOM et de Jagged Alliance, escouade de mercenaires, ambiance de film d'action des années quatre-vingt, dans une Afrique d'anticipation. On dirige des opérateurs typés, on choisit ses contrats, on décide de l'issue de la guerre mission après mission.

La proposition mécanique la plus intéressante est une pique directe à son modèle. Là où XCOM est célèbre pour ses tirs à 95 % qui partent dans le décor, Warhounds annonce l'inverse : pas de ratés à bout portant, pas de hasard fantaisiste, des trajectoires calculées, une balistique réelle, des couverts destructibles, de la verticalité et de la vigilance en cône. Chaque tour se joue sur votre plan, pas sur un jet de dés. Pour beaucoup de joueurs échaudés par le genre, c'est un argument sérieux.

Autour, la structure attendue et correctement remplie : cinq classes (Assaut, Spécialiste, Sniper, Mitrailleur, Grenadier), une gestion de base entre les missions avec recrutement, équipement, logistique, finances et infirmerie, des factions alliées à cultiver, du renseignement, des opérations clandestines dont les conséquences ouvrent ou ferment des missions. Côté gadgets, drones, scanners de combat, fumigènes et camouflage optique. Les missions durent vingt-cinq à quarante minutes, et la difficulté se règle du bac à sable détendu à l'enfer tactique.

C'est solide sur le papier, et c'est là que le bât blesse : tout est solide, rien n'est marquant. Le jeu applique consciencieusement la formule sans jamais proposer l'idée qui le rendrait mémorable. Il fait le travail, on y passe des heures correctes, et on l'oublie. Un XCOM de plus, honnête, en attendant le vrai dans quinze jours.

Warhounds, les classes de mercenaires et le combat tactique

Ce qu'il faut savoir avant d'acheter

Passons à l'autre sujet, parce qu'il est documenté et qu'un lecteur a le droit de décider en connaissance de cause.

Warhounds n'est pas un jeu neuf. C'est la version internationale de Sparta 2035, un jeu de tactique russe sorti auparavant, comme l'ont rapporté plusieurs médias spécialisés, dont le site russe ixbt.games. Le studio a séparé les sorties russe et internationale, avec des personnages redessinés, un doublage anglais complet, un rééquilibrage et des changements notables dans le scénario. Sparta 2035 avait été rendu inaccessible à l'achat sur Steam en dehors de la Russie et de la CEI, et Warhounds est l'alternative proposée aux autres marchés.

Le point central est le financement. Sparta 2035 a été développé par Lipsar Studio avec le soutien de l'Institut du développement d'Internet, qui lui a alloué quatre-vingt-dix millions de roubles. Cet institut a été créé en 2015 avec l'appui de l'administration présidentielle russe et reçoit chaque année plusieurs milliards de roubles de l'État. Il figure dans les bases de données de sanctions internationales.

À cela s'ajoute la structure actuelle : le jeu est développé par Everplay DMCC et édité par Brightika, Inc., une société basée à Dubaï. Des joueurs sur Reddit et sur les forums Steam soutiennent que ce changement de nom et d'éditeur permet surtout de repartir avec un compteur d'avis vierge, en laissant derrière lui la réception mitigée de l'original. C'est une interprétation, pas un fait établi, mais la chronologie lui donne du poids, et plusieurs contributeurs affirment que leurs questions sur le sujet ont été supprimées des forums officiels.

Deux précisions d'exactitude, parce qu'il circule des choses inexactes. D'abord, Sparta 2035 n'a pas reçu un accueil massivement négatif : il est classé Mitigé sur Steam, avec 68 % d'avis positifs sur plus de mille retours. Ensuite, aucune déclaration d'usage d'intelligence artificielle ne figure sur les fiches Steam de Warhounds ni de Sparta 2035, contrairement à ce qu'affirment certains commentaires ; des joueurs jugent les portraits typiques d'une génération automatique, mais cela reste leur appréciation.

Nous n'irons pas plus loin dans le procès d'intention, et nous ne dirons pas à qui va l'argent aujourd'hui, faute de pouvoir le vérifier. Les faits établis suffisent : un jeu financé à l'origine par un organisme adossé au pouvoir russe, ressorti sous un autre nom via un éditeur basé à Dubaï après avoir été restreint sur les marchés occidentaux. Certains s'en moqueront, d'autres refuseront de payer pour ça. C'est un choix personnel, et il mérite d'être fait en connaissance de cause plutôt que par ignorance.

La note ci-dessus porte uniquement sur le jeu. Le reste vous appartient.

Warhounds, la gestion de base entre les missions

Communauté

--/100

Votre note

Publicité

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Sois le premier.