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Pro Cycling Manager 26 a enfin retravaillé son cerveau, dommage qu'il garde le même visage depuis dix ans
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Pro Cycling Manager 26 a enfin retravaillé son cerveau, dommage qu'il garde le même visage depuis dix ans

La meilleure refonte du management depuis des années, posée sur un moteur graphique qui n'a pas bougé d'un pignon. On a roulé une saison entière pour trancher.

A

Alexandrosse

·14 juin 2026·8 min read

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7/10

Verdict

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Chaque mois de juin, Cyanide remet le même vélo sur la ligne de départ et nous demande de racheter le maillot. Cette année, pour la première fois depuis longtemps, on a envie de dire oui. Pas pour la peinture, qui est exactement la même que l'an dernier, mais pour ce qu'il y a sous le capot.

Pro Cycling Manager 26, écran de gestion d'équipe

Le contexte

Pro Cycling Manager 26 est développé par Cyanide Studio et édité par Nacon, sorti le 4 juin 2026 sur PC. C'est la énième itération d'une série qui détient un quasi-monopole sur la simulation cycliste, ce qui est à la fois sa force et sa malédiction : sans concurrent, le studio avance à son rythme, et ce rythme a longtemps ressemblé à une mise à jour de base de données vendue plein pot. Cette fois, l'effort de management est réel, et il mérite qu'on en parle sérieusement.

Le calendrier lui-même raconte cet effort. La sortie a connu un léger report de quelques jours, lié à des problèmes de planification en mode Carrière repérés tard dans les phases de test. On peut le voir comme un retard de plus, ou comme le signe que le mode Carrière, justement, est cette année le chantier prioritaire. La suite donne plutôt raison à la seconde lecture.

La planification de saison, enfin pensée pour des humains

Le gros morceau de cette édition, c'est la refonte de la planification. Vous assignez désormais vos coureurs à trois rôles prioritaires dès le début de saison : Leaders principaux, Leaders secondaires et Équipiers. Ce n'est pas une coquetterie de menu. Cette hiérarchie structure toute votre année : les objectifs, la forme, la répartition des courses.

S'y ajoute un système d'importance des courses classées de A à D. Vous décidez quelles épreuves comptent vraiment et lesquelles servent de préparation. Concrètement, une course A devient le sommet vers lequel vous orientez la condition de vos leaders, tandis qu'une course C ou D sert de jambes à roder ou de terrain de jeu pour vos jeunes. Couplé aux deux nouvelles orientations, Focus Tour et Focus Classiques, vous construisez enfin une saison cohérente au lieu d'envoyer vos coureurs au hasard sur chaque ligne de départ en espérant que la forme tombe juste.

Sur Reddit, un joueur demandait depuis des années un planificateur plus simple pour les coureurs moins importants. Il a été entendu. Gérer un effectif de trente coureurs ne ressemble plus à un second emploi. On répartit, on délègue, on planifie, et le jeu suit. C'est précisément le genre d'amélioration qui ne fait pas de trailer tape-à-l'oeil mais qui change la vie sur une carrière de quinze saisons.

Pro Cycling Manager 26, planification de saison

La simulation détaillée qui ne ment plus

L'autre vraie nouveauté, c'est le mode de simulation détaillée. Avant, simuler une course pour gagner du temps revenait à lancer un dé et à accepter des résultats parfois absurdes. Désormais, vous pouvez expédier une étape rapidement tout en obtenant un déroulé bien plus précis, tenant compte des capacités réelles des coureurs et des conditions du jour.

Concrètement, le système de condition de course a été recalibré et adossé aux aptitudes effectives de chaque coureur. Votre grimpeur en méforme ne va plus mystérieusement survoler une étape de montagne, et un sprinteur lessivé par trois semaines de course ne va plus sortir un final de gala par magie. Pour qui enchaîne les saisons sans vouloir jouer chaque étape en temps réel, et ils sont nombreux, c'est l'amélioration qui justifie à elle seule le retour. La série a longtemps puni ceux qui ne voulaient pas tout vivre manette en main. Ce n'est plus le cas.

Des coureurs qui ont enfin un caractère

Autre apport notable : les nouvelles aptitudes de coureurs. Au-delà des chiffres bruts de montagne, de sprint ou de contre-la-montre, les coureurs gagnent en personnalité au sein de l'effectif. Un grimpeur n'est plus seulement une colonne de statistiques, il a des affinités et une manière de réagir à la charge de courses. Cela donne à la gestion d'effectif une épaisseur qu'on ne lui connaissait pas, et cela rend les choix de leadership bien plus signifiants : promouvoir un coureur en Leader principal, ce n'est plus juste cocher une case, c'est miser sur un profil.

Le mode Pro Cyclist, qui consiste à incarner un coureur unique de ses débuts à son apogée, a lui aussi été étoffé. Les options de progression sont plus nombreuses, et l'orientation Focus Tour ou Focus Classiques s'y applique de plein fouet : vous façonnez une carrière vers un objectif clair plutôt que de gratter des points dans le vide. Ce n'est pas la révolution du mode, mais c'est un vrai pas vers une trajectoire de coureur qui raconte enfin quelque chose.

Pro Cycling Manager 26, aptitudes d'un coureur

Ce qui n'a pas bougé d'un millimètre

Et maintenant, la côte qu'on ne peut pas éviter. Les graphismes. Ouvrez une étape en 3D et vous jureriez relancer l'édition d'il y a trois ans. Les modèles de coureurs sont raides, les visages interchangeables, et le public ressemble toujours à une rangée de panneaux découpés agités par le vent. La grosse refonte graphique promise sur l'édition 25 n'a livré qu'une partie de ses promesses : on nous avait dit que les coureurs et les spectateurs auraient leur lifting plus tard, et plus tard n'est toujours pas arrivé.

Dans un jeu de gestion, on peut tolérer un rendu daté. Mais le cyclisme se regarde autant qu'il se gère. La poésie d'une échappée dans la Vienne ou d'un sprint massif sur les Champs perd énormément quand les coureurs se déplacent comme des figurines aimantées. À l'heure où le moindre jeu de gestion sportif soigne sa mise en scène, rester sur ce niveau visuel en 2026 n'est plus de la sobriété, c'est de l'immobilisme.

Pro Cycling Manager 26, vue 3D d'une étape

L'IA, ce vieux dossier toujours ouvert

Les joueurs réclamaient aussi une IA améliorée. Le verdict est en demi-teinte. Le peloton géré par la machine profite directement du nouveau modèle de condition : adossées aux capacités réelles, les phases de course sont plus crédibles que par le passé. Mais l'IA de gestion, elle, reste le maillon faible. Le marché des transferts manque toujours de mordant, et les demandes des fans étaient pourtant limpides.

La communauté réclame depuis des éditions un marché des transferts vraiment compétitif, la possibilité de faire signer ses propres coureurs de l'équipe de développement plutôt que de passer par le repêchage, davantage de clauses contractuelles, et une vraie raison de garder des vétérans expérimentés. Très peu de tout cela a été exaucé cette année. La gestion humaine du cyclisme, ses ego, ses leaders vieillissants, ses jeunes pousses à protéger, reste un terrain en friche que Cyanide laboure avec une lenteur de fin d'étape.

Le confort, le vrai progrès silencieux

Bonne nouvelle pour ceux qui jouaient encore sur une machine fatiguée : l'optimisation a été soignée. Le jeu tourne mieux sur des configurations modestes, et il ne fait pas chauffer le processeur pour afficher un peloton qui, soyons honnêtes, ne demande pas la puissance d'un blockbuster. C'est un point que la communauté répète depuis des éditions, et il est enfin pris au sérieux. Reste l'éternelle absence de version Mac et de portage console, demandées chaque année, toujours ignorées, et qui privent une partie du public de la seule simulation cycliste sérieuse du marché.

Pro Cycling Manager 26, profil de coureur

Ce qu'on retient

Pro Cycling Manager 26 est le meilleur cru en matière de gestion pure depuis longtemps. La planification de saison par rôles, le système d'importance des courses et la simulation détaillée ne sont pas des gadgets : ils répondent à des frustrations vieilles de plusieurs éditions et rendent la carrière plus lisible, plus stratégique, plus satisfaisante. Si vous avez englouti quarante heures dans l'édition précédente, le retour vaut le coup.

Mais on ne peut pas applaudir sans réserve un jeu qui progresse d'un côté en refusant obstinément d'avancer de l'autre. Les graphismes figés, le marché des transferts mou et l'IA de gestion paresseuse rappellent que Cyanide profite encore largement de son monopole. Les bonnes idées sont là. L'ambition globale, elle, reste au train.

Verdict

Pro Cycling Manager 26 muscle enfin son cerveau de gestionnaire et signe sa meilleure refonte du management depuis des années, mais il roule toujours sur un moteur graphique d'avant-hier et un marché des transferts qui s'endort dès la deuxième saison. C'est un bon jeu pour qui vient pour la stratégie et accepte de fermer les yeux sur la mise en scène. Pour les autres, c'est encore une étape de transition vendue au prix d'une arrivée.

Points forts :

  • Planification de saison par rôles enfin claire et profonde
  • Système d'importance des courses de A à D qui structure toute l'année
  • Mode de simulation détaillée précis et fidèle aux capacités réelles
  • Aptitudes de coureurs qui donnent enfin du caractère à l'effectif
  • Optimisation soignée, tourne bien sur configurations modestes

Points faibles :

  • Graphismes inchangés, coureurs et public toujours aussi raides
  • Marché des transferts et IA de gestion encore paresseux
  • Toujours pas de version Mac ni de portage console
  • Le modèle de mise à jour annuelle plein tarif continue de grincer

Testé sur PC.

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