
Fire State: a stunning technical feat stuck inside a game still at the sketch stage
The first shooter with playable 3DGS environments and a striking bodycam view. The tech impresses, but the game around it is still a work in progress.

Un roguelite tower-defense où vous êtes en première ligne, pas planqué derrière. Nerveux et fun par poignées, mais on a déjà beaucoup vu ce genre de survivor.
Alexandrosse
InsertCoins.press Score
6/10
Verdict
Mixed
Le pitch tient en une image : une porte, une horde, et vous au milieu. Là où le tower-defense classique vous planque en surplomb à poser des tourelles, The Gate Must Stand vous jette sur le champ de bataille, épée en main, pour tenir le dernier point de passage. C'est nerveux, c'est lisible, et toutes les cinq minutes un boss démoniaque vient vous rappeler que la porte, justement, ne tiendra pas toute seule.

The Gate Must Stand est un roguelite de fantasy médiévale édité par Yogscast Games, qui mélange tower-defense, roguelite et action façon survivor. Sa particularité, et son meilleur argument, c'est de vous placer directement dans la mêlée plutôt que derrière une ligne défensive. On y choisit son guerrier, on recrute des alliés, on améliore leurs compétences et on cherche les bonnes synergies pour protéger un unique point vital : la porte de la cité.
La boucle est limpide et efficace. Vous défendez un goulot d'étranglement, la porte, contre des vagues qui montent en intensité. Vous n'êtes pas seul : vous ralliez des compagnons, vous les faites monter en puissance, et vous combinez leurs capacités pour bâtir une défense qui tienne. Le sel de l'expérience, ce sont les boss : toutes les cinq minutes, une créature démoniaque apocalyptique débarque, et la vaincre rapporte des reliques qui changent la donne.
Ces reliques sont la meilleure idée du jeu. Elles ne se contentent pas de gonfler des chiffres : elles permettent de faire évoluer vos suivants vers leurs formes ultimes, ce qui ouvre des combinaisons et donne à chaque partie une trajectoire propre. Cette recherche de synergies, ce moment où votre build décolle d'un coup, procure la satisfaction roguelite classique, celle qui pousse à relancer une partie de plus.

Manette en main, The Gate Must Stand fait bien le travail. Le positionnement compte, parce qu'être en première ligne signifie encaisser autant que distribuer, et la tension monte crescendo à mesure que la porte se fissure. Le rythme imposé par les boss toutes les cinq minutes est un bon métronome : il découpe la partie en paliers clairs, donne des objectifs courts et évite le temps mort. On enchaîne les runs sans s'en rendre compte, et c'est exactement ce qu'on demande à un jeu du genre.
La couche de recrutement et d'amélioration apporte juste ce qu'il faut de profondeur pour qu'on réfléchisse à sa composition plutôt que de bourriner. Trouver la synergie qui transforme une défense bancale en muraille imprenable, c'est le genre de petit eurêka qui fait le charme du roguelite.

Et puis il y a le revers, celui qui empêche de s'enflammer. The Gate Must Stand arrive dans un genre, le survivor roguelite, qui croule sous les sorties. Aussi sympathique soit sa boucle, on a le sentiment tenace du déjà-vu : la montée en puissance automatique, les vagues qui gonflent, les builds qui explosent en fin de run, on connaît la chanson par coeur. Le jeu exécute proprement une recette éprouvée, mais il ne la bouscule pas vraiment.
L'autre limite tient à sa fraîcheur. Le contenu, encore en cours d'enrichissement côté studio, montre ses bords un peu plus vite qu'on ne voudrait : on fait le tour des stratégies viables avant d'avoir épuisé l'envie de jouer. C'est un jeu plaisant, pas un jeu marquant, et la frontière entre les deux est précisément ce qui le maintient dans le solide sans éclat.

La rejouabilité repose sur deux piliers. D'abord le choix du guerrier que l'on incarne : chacun impose un style, entre encaissement, dégâts bruts et soutien, et oriente toute la partie dès les premières secondes. Ensuite le recrutement de compagnons, que l'on rallie et fait monter en compétences au fil de la défense. C'est l'imbrication des deux qui crée la matière stratégique : un héros fragile mais offensif demande des alliés tankés pour tenir la porte, un colosse défensif libère au contraire les compagnons pour le dégât.
Les reliques arrachées aux boss viennent couronner l'édifice en faisant évoluer les suivants vers leurs formes ultimes, et c'est là que les meilleures parties décollent. Découvrir qu'une relique transforme un archer lambda en machine à éliminer les vagues, ou qu'une combinaison de deux suivants déclenche une synergie dévastatrice, procure ce petit frisson d'optimisation qui fait revenir. Le jeu récompense l'expérimentation, et chaque run devient une occasion de tester une nouvelle architecture défensive.

Impossible de juger The Gate Must Stand sans le replacer dans son époque. Depuis le raz-de-marée des survivor-likes, ces jeux où l'on survit à des hordes en accumulant des améliorations automatiques, le genre est devenu l'un des plus encombrés du marché indépendant. The Gate Must Stand y apporte sa touche, l'angle première ligne et la défense d'un point unique, mais il reste fondamentalement bâti sur des fondations que des dizaines d'autres jeux ont déjà posées.
C'est tout l'enjeu pour un titre comme celui-ci : exister par sa personnalité plutôt que par sa simple compétence. Sa boucle est solide, son rythme bien réglé, mais il lui manque ce détail de génie qui transformerait un bon défouloir en obsession. Édité par Yogscast Games et encore en cours d'enrichissement, il a le temps de trouver cette étincelle. En l'état, c'est une valeur sûre du genre, pas un bouleversement.
The Gate Must Stand est un roguelite honnête et fun, qui a la bonne idée de vous mettre en première ligne et de rythmer ses parties par des boss réguliers et des reliques qui font évoluer vos troupes. Pour une session courte et nerveuse, il remplit son contrat sans broncher, et la chasse aux synergies accroche comme il faut.
Mais il nage dans un océan de survivor-likes, et il n'apporte pas l'étincelle qui le ferait sortir du lot. C'est le genre de jeu qu'on lance avec plaisir et qu'on oublie sans drame, en attendant que le studio étoffe la formule. Correct, donc, mais pas indispensable.
Un roguelite tower-defense nerveux qui vous place dans la mêlée et rythme bien ses parties, mais qui exécute une recette survivor archi-connue sans la réinventer : fun par poignées, vite oublié, à surveiller à mesure qu'il s'étoffe.
Points forts :
Points faibles :
Testé sur PC.
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